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Guillaume Monteux (TSP 1994), l'homme qui parle digital à la presse mondiale

L'Actu des Anciens

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25/03/2016

Connaissez-vous le point commun entre L’Equipe, le New York Daily News, l’Israël Post et La Vandagardia ?

Leur édition digitale est conçue et réalisée par miLibris, une startup fondée et dirigée par Guillaume Monteux, TSP 94. miLibris est aujourd’hui leader dans le domaine de la digitalisation de contenus. Guillaume Monteux revient sur son parcours, sur l’origine de miLibris et nous fait par des perspectives futures de sa société.




Parlez-nous de votre parcours. Comment a débuté votre carrière à la sortie de l’école?

J’ai été diplômé de l’INT en 1994. A l’époque, on faisait encore le service militaire, donc j’ai fait le mien au sein du ministère des affaires étrangères où je me suis occupé du réseau puis je suis allé dans une SS2I, Sema, en tant que commercial junior pour vendre des prestations de service dans le domaine des télécommunications. Je vendais des réalisations dans le domaine du système d’information pour Orange (à l’époque France Telecom), SFR, et toutes les grosses sociétés du secteur des télécommunication. J’étais donc très orienté telecom.

Ensuite, j’ai quitté Sema au bout de cinq ans pour aller chez Accenture. Je suis donc suis passé de commercial à consultant sur des sujets comme le prépayé et  des thématiques assez techniques toujours dans le domaine des télécommunications. Puis au bout de cinq ans dans cette même boîte, le commerce m’a rattrapé puisqu’on m’a proposé de monter une business unit orienté commerce du fait que le commerce chez Accenture se faisait plus par bouche à oreille que par de véritables actions commerciales.

Au bout de dix ans, (donc en 2004), j’ai quitté Accenture pour créer miLibris dans laquelle je suis encore aujourd’hui.

 

Comment vous est venue l’idée de crée miLibris?

Chez Accenture j’ai vécu la transformation de la musique sur le numérique. On est passé du disque et de la casquette au CD puis du CD au numérique avec le streaming. Donc j’ai vu l’industrie de la musique, les maisons de disque et les distributeurs traditionnels se faire bouffer par apple, Amazon, Microsoft etc.

J’ai aussi vu la vidéo se transformer (même si jetais pas dedans) au détriment des maisons qui produisait des films et des documentaires.

Du coup, le dernier bastion qui se transforme dans le domaine du numérique, c’est l'écrit et je me suis dit que je serai capable de développer des technologies qui permettraient aux éditeurs, donc la presse et les maisons d’éditions, d’avoir un rôle dans la chaîne de valeur. Donc miLibris, c’est un intermédiaire entre les éditeurs et les distributeurs et permet aux éditeurs de devenir des distributeurs.

Par exemple, l’Equipe. Hier, c’était un journal traditionnel papier. Aujourd’hui, il est disponible par voie numérique et il est lu majoritairement par l’application “L’équipe” qui est faite par miLibris.

 

En quoi consiste l’activité de miLibris précisément du coup? Est ce seulement la création d’application ou est ce que vous faites aussi du conseil?

Nous faisons du logiciel. Comme on est dans une démarche de transformation de l’industrie, il y a une composante conseil, c’est à dire qu’on parle avec tous les patrons des grands groupes de presse et des grandes maisons de l’édition pour les aider à répondre aux questions “Comment est-ce qu’on monétise son contenu?”, “comment vend-on un contenu produit sur les voies du numérique?”. Il y donc une composante conseil mais nous ne la monétisons pas. On est plutôt dans le logiciel. Typiquement, l’application de l’Equipe, c‘est nous qui la faisons et nous faisons aussi celle du Nouvel Observateur, l’Express, Voici, Gala, Le figaro et es Echos. En tout, ça fait 80% de la presse Française et pas mal de clients à l’étranger  parce que technologiquement, nos produits sont bons.

 

L’étranger, c’est à dire l’Europe ou miLibris va plus loin?

En Europe, on est numéro 1 en Espagne puisqu’on fait El Pais mais aussi LaVangardia. Nous sommes aussi en Hollande, en Israel avec Jerusalem Post. On est aussi aux Etats-Unis avec the Gardian News, au Canana. Du coup, cette boîte est assez magique car ça reste une boîte d’ingénieurs qui vends ses technologies chez elle d’abord, en France mais qui les vends aussi à l’étranger.

 

Une questions plus personnelle : Qu’avez vous découvert sur vous depuis que vous avez crée votre entreprise?

(Rire) En fait, ça change un homme. Surtout que j’ai été salarié pendant 15 ans. Du coup, la vision et la responsabilité qu’on a n’est forcément plus la même. Quand on crée quelque chose, on est mû par une ambition, et par le sentiment que ce qu’on fait va changer le monde et ça nous donne une énergie qu’on avait peut être pas en tant que salarié. En effet, quand on est salarié, notamment au début de sa carrière, on est plus un maillon d’une chaîne qui est beaucoup plus large. Mais quand on porte un projet, on sent qu’on a une responsabilité en soi qui est beaucoup plus important et structurante que quand on est salarié. C’est une responsabilité de vision. On porte une vision en se demandant si c’est la bonne et si on saura la partager avec les clients. C’est donc une responsabilité et un rendez-vous avec soit même. C’est aussi une responsabilité vis à vis des autres aussi. Je me demande  parfois “est ce que l’idée que je porte peut intéresser des clients mais aussi des collaborateurs qui compte sur moi?” C’est à dire que quand on embarque 40 personnes avec soi, ce sont des gens qui font aussi le pari à leur niveau de rentrer dans un bateau qu’on porte. Et donc, quand on fait des choix, on se dit “réfléchis bien, des gens qui sont mariés, des gens qui ont des enfants.” Donc ce sont des responsabilités qui sont pas exactement les mêmes et donc forcément, c’est un regard sur soi qui n’est pas le même. C’est à la fois exaltant et honorifique.

 

Votre expérience en tant que commercial a-t-elle été un plus dans les débuts de miLibris?

Sema Groupe m’a appris le côté commerce, c’est certain. J’y ai appris énormément de techniques commerciales, notamment la notion de closing, la différence entre une affaire quasiment conclue et une affaire conclue. A ce titre là, c’était hyper profitable. Pour moi, ça m’a énormément aidé à sentir les choses, à comprendre les clients, à écouter les clients, à savoir répondre à leur besoin sans être prisonnier de leur besoin. C’est à dire avoir une vision et apporter quelque chose de nouveau tout en écoutant.

Accenture m’a appris la rigueur, c’est à dire le soucis du détail, afin que tout soit propre de A à Z, que chaque mot soit choisi, que ce qui est écrit et dit soit pensé et structuré. Accenture m’a donc appris une structure mentale et Sema m’a donné les techniques commerciales.

Donc oui, mes expériences passées m’ont permis de fonter de manière sereine miLirbris.

 

Pouvez nous nous raconter les débuts de miLibris?

C’était l’horreur… Il est très compliqué d’avoir son premier client. Dans mon cas, je voulais avoir le plus grand. Après, il y a beaucoup de manière de commencer une société. On peut commencer par une petite démo. On peut aussi d’abord aller chercher des petits clients ou des gros. On peut faire jouer son réseau.

Moi, je ne connaissais personne dans le monde de la presse et de l’édition à l’époque. Donc j’ai pris l’OJD, l’organisme qui compte les parutions des journaux et j’ai pris celui qui avait le plus grand nombre de parution et c’était l’Equipe. J’y suis allé, je me suis présenté et j’ai exposé mon idée. Alors, j’ai eu la chance de tomber sur des gens qui comprenaient les technologies et que ce que je proposais avait du sens pour eux. Ils m’ont fait confiance a priori et on a travaillé énormément. Cela nous a pris  six mois pour avoir ce client et on a passé six autres mois pour stabiliser la solution; afin que le patron de L’Equipe devienne le meilleur commercial de la société et c’est ce qui s’est passé. Ce qui a été compliqué aussi, c’est de s’entourer d’une équipe car la vision et la volonté n’est pas suffisante si on est seul. Donc il faut s’entourer d’une, deux ou trois personnes qui partagent le même rêve et arrivent à le sublimer et à l'exécuter. Au début j’étais tous seul pendant les six premiers mois, ensuite on était deux, puis trois puis quarante aujourd’hui.

 

Quel est votre plus grande fierté depuis les débuts de miLibris?

Il y a plusieurs types de fierté. Il y a la fierté clients. Quand on signe à l’étranger, Daily News par exemple à New York. C’est le 5ème quotidien américain, le deuxième quotidien à New York derrière le New York Times et ils ont signé avec nous, avec une petite boîte en France - alors qu’il en existe des “miLibris” aux USA - et qu’ils restent avec nous, quand on signe Israel Post, quand on signe LaVandagardia  en Espagne, ce sont des gens qui ont la possibilité de trouver d’autres miLibris au local mais eux, ils préfèrent travailler avec nous, une boîte française, implantée en France qui n’a pas de représentation ni en Espagne, ni aux Etats-Unis et ils sont satisfaits du travail fait. Ça, c’est une première fierté.

La deuxième fierté, c’est ceux qui sont autour de moi et qui y restent. Certains qui sont là depuis six ans, continuent de bosser comme le premier jour avec moi, continuent de partager mon rêve, de l'étendre et de me donner de la force. Et quand on me dit “franchement, je suis content de travailler dans cette boîte, merci de m’avoir tant appris”, et bien ça donne de la force et c’est génial!


 





















 

Comment vous expliqueriez le succès de miLibris à l’international?

On me pose souvent cette question… Plusieurs éléments peuvent expliquer le succès. Il a d’abord le talent. Le talent de gens. Et il y a plusieurs talents : le talent commercial, le talent technique, le talent marketing.

Ensuite, il y a l’expérience et sa capacité à s’en servir. Savoir reconnaître des schémas grâce à l’expérience, savoir donc anticiper et avoir la capacité de tordre le cours des choses à son avantage.

Ensuite, il y a le travail et enfin, la chance.

A miLibris, on a utilisé les quatre facteurs, y compris la chance. Mais avant d’en profiter, il faut savoir la reconnaître et la saisir grâce au trois aux facteurs : travail, talents et expérience. C’est ce qu’on a su faire à miLibris.

 


Selon vous, quelles sont les perspectives à moyen et long terme de miLbris?

Les perspectives peuvent être de plusieurs ordres. D’abord, une perspective produit : on a une roadmap produit qui fait que demain, nos clients utiliseront d'autres logiciels que ceux qu’ils utilisent aujourd’hui.

Après, il y a la perspective marché : peut-être qu’on va se transformer en kiosque et peut-être qu’on va consommer la presse différemment.. Aujourd’hui, on la consomme sous forme de publication. Typiquement, aujourd’hui, on a achète Le Figaro ou on achète l’Equipe. Demain, peut-être qu’on achètera que la section économique du figaro et que la section rugby de L’Equipe donc il faudra recomposer l’information de manière assez différente.

Enfin, il y a une expansion géographique assez certaine pour miLibris parce qu’on intéresse à l’étranger aussi! Donc on va essayer de commencer à monter des bureaux à l’étranger.


Si vous ne deviez garder qu’un seul souvenir de votre passage à l’école, quel serait-il?

Déjà, il ne serait pas d’ordre scolaire, ça c’est clair. Mais je suis très reconnaissant vis à vis de l’INT parce que d’abord, on a été incubé dans l’INT et ça été très important pour nous parce que que on a reçu un toît pour héberger les deux ou trois personnes qu’on était au départ mais en plus, on a eu des conseils, on a été mis en contact avec des personnes qui ont compté pour miLibris (dont certaines sont aujourd’hui actionnaire de miLibris), donc je suis très reconnaissant vis à vis de l’incubateur.  En ce qui concerne l’école, c’était presque les meilleurs années de ma vie. J’étais souvent au foyer (grand sourire) et dans la salle musique. J’y jouais de la musique et j’ai rencontré pleins de copains que je vois encore aujourd’hui. l’INT, c’est des années heureuses et bénies. Je pense que le côté associatif de l’école est quelque chose de très important, plus important que l’école. J’y ai rencontré pratiquement tous mes amis d’aujourd’hui, notamment grâce à la musique en association ou quand j’étais au BDE parce qu’on organisait des soirées et d'autres choses et c’est là qu’on commence à prendre un peu de possession de soi même, à proposer des choses aux autres et à regarder comment les autres réagissent à ce qu’on leur propose. C’est ça qui est intéressant et c’est pareil quand on fait de la musique. Donc le sens des responsabilités, on commence déjà à l’avoir en école et dans son tissu associatif.

Et puis surtout, j’ai rencontré des gens formidable à l’école!

 

Un dernier mot pour les étudiants et les alumni de nos écoles ?

Ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur des autres et faire ce que leur coeur leur dit de faire. “A coeur vaillant, rien d’impossible”. Quand les gens ont de l’énergie et de l’envie, ils y arrivent toujours. Ils arrivent à s’entourer, à  convaincre et à faire. L’énergie ne fait pas tout, c’est sûr mais la peur paralyse. Donc le conseil que j’ai à leur donner, c’est de faire ce que ce que notre coeur nous dicte de faire. Il faut faire ce que l’on veut mais le faire vraiment, le faire à fond.  

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