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Portrait de Amaury COTTIN et Maxence BOUCAS (IMT-BS, promotion 2017), fondateurs de la start-up Spectral TMS

Portraits

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16/12/2020

Grégoire BAUDOIN (IMT-BS 2015, membre du bureau T&MA) à la rencontre de Amaury COTTIN et Maxence BOUCAS (IMT-BS, promotion 2017) fondateurs de la start-up Spectral TMS créée sur le campus et qui viennent de lever 2 millions d’euros.

 

1. Parlez-nous de vous et de votre entreprise Spectral TMS

Maxence : Amaury et moi-même, nous venons tous les deux de l’ENSIIE (école d’ingénieur numérique à Evry). Nous avons suivi la majeure entrepreneuriat à IMT-BS. Au sein de l’IMT-Starter, nous avons créé Spectral, une solution en réalité augmentée qui permet aux techniciens industriels d’être guidés et formés lors des opérations de maintenance quotidienne. 

2. Comment vous est venu le concept de Spectral ? 

Maxence : pour résumer, nous avions tous les deux, une volonté forte à entreprendre. Avant d’entrer à IMT-BS, nous réfléchissions autour de sujets sur lesquels nous souhaitions travailler. Au départ, nous avions 10 projets d’entreprise. L’avantage de la majeure est le rythme : une semaine de cours et trois semaines dédiée à l’application des concepts. Chaque fois que nous revenions de cours, une nouvelle idée émergeait. 

Au bout de quelques mois, nous étions à court d’idées. A partir de janvier, nous avions décidé de prendre du recul sur ce que nous faisions et nous avons choisi une thématique : la transmission de savoir-faire. En ce sens, durant nos différentes expériences en tant qu’entrepreneur, le sujet de l’apprentissage rapide revenait souvent. Par le biais de la réalité augmentée, nous avons découvert un outil magique qui rendait possible le fait d’avoir la vision de l’expert. Par exemple, il serait intéressant de regarder un athlète courir à travers le prisme d’un physicien ou d’un chirurgien. Le premier focalise son attention sur les forces appliquées entre le sol, les pieds et les genoux. Le deuxième se penche davantage sur les efforts des muscles. 

Durant nos recherches, les problématiques et les besoins émergeaient au fur et à mesure de nos discussions avec les différents corps de métier. En fin de compte, la maintenance industrielle représentait un bon compromis entre les opportunités et la possibilité d’être en adéquation avec nos aspirations. Deux éléments entraient en ligne de compte. D’une part, il y avait un besoin autour d’un savoir-faire hétérogène et complexe… Ce qui nécessite de nombreuses expertises. D’autre part, la perte des savoir-faire est liée à la pyramide des âges : les seniors partent à la retraite, sans avoir le temps de former les plus jeunes. La perte des savoir-faire représente une problématique constante et récurrente dans le secteur de l’industrie. 

Un dernier élément intéressant est la digitalisation de l’industrie avec la tendance de l’industrie 4.0, dans laquelle nous nous insérons.

3. Vous avez récemment levé 2 millions d’euros, félicitations ! Comment avez-vous réussi à effectuer cette levée ? En tirez-vous des bonnes pratiques à destination des Alumni entrepreneurs ? 

Amaury : cette levée de fond n’était pas la première. Elle fait suite à une première levée en 2018, grâce à des Alumni de l’IMT via le fond Télécom Booster. Cette deuxième levée de fond est particulière parce que nous n’avons pas suivi une méthode classique. En effet, un fond à la recherche de start-up dans la réalité augmentée nous avait approché. Par la suite, le lien s’est maintenu entre Spectral TMS et ce fond… Le match était parfait. Tout s’est fait très rapidement et il n’était pas nécessaire d’effectuer un « road show » avec d’autres fonds. Par conséquent, j’aurais tendance à dire qu’il n’existe pas forcément de bonnes pratiques à donner, mis à part de rester en contact avec les fonds et de donner fréquemment des nouvelles. 

Maxence : ce qui a facilité les choses, c’est d’avoir une approche orientée « résultat ». Toute notre entreprise est axée sur les résultats. Quand l’investisseur Elaya est arrivé, il a pu constater que nous avions des indicateurs de performance et une approche commerciale structurée. Durant la période de COVID, nous avons tout de même réussi à obtenir des opportunités et réussites.

4. Votre partenariat avec Véolia est fièrement mis en avant sur votre site internet. Quels sont les apports de travailler, en tant que start-up, avec de grandes entreprises industrielles comme Véolia ? 

Amaury : il existe de nombreux avantages, car les grandes entreprises ont les moyens d’investir dans les projets d’innovations. Elles possèdent les ressources financières afin de tester nos solutions alors qu’aucun retour sur investissement n’était encore prouvé sur le marché. Ceci est tout à leur honneur. S’il y a une bonne coordination, les grandes entreprises sont capables de mettre en place des projets avec un impact important et qui peuvent prendre du temps. Nous avons démarré les déploiements à visée internationale, avec un potentiel exponentiel. Il est certain que ce type de projet présente de nombreux intérêts. Veolia possède un nombre considérable d’utilisateurs potentiels et par conséquent, les retours possibles de ces personnes vont permettre d’améliorer le produit. 

5. Quelles sont les prochaines étapes dans le développement de Spectral ? 

Maxence : de nos jours, l’entreprise est entrée dans une phase appelée « product / market fit ». Autrement dit, il s’agit d’une étape où l’entreprise doit avoir défini ses marchés pour obtenir une solution stable tout en se développant rapidement. Cela signifie qu’il est nécessaire de s’internationaliser puisque nos clients sont internationaux. Des clients tels que Michelin nous emmènent déjà en Espagne et en Italie. Saisir ces opportunités en s’internationalisant, ça facilite le développement de notre solution à grande échelle. 

6. Revenons sur votre expérience à IMT-BS, quelles sont vos motivations à intégrer le parcours entreprenariat dans une école de commerce alors que vous veniez d’une école d’ingénieur numérique ?

Amaury : personnellement, j’ai toujours eu le désir d’entreprendre. La présence d’un écosystème entrepreneurial via le triptyque qu’elle forme avec IMT-BS et TSP et les opportunités par le digital m’ont poussé à choisir l’ENSIEE. Petit à petit, j’ai avancé dans mon cursus et tout me paraissait évident : je sentais que je devais rejoindre le majeur entrepreneuriat en dernière année. 

Maxence : selon moi, tout est lié à mon éducation. Mon père est un entrepreneur. Je l’imite d’une certaine manière. Comme Amaury, je suis très intéressé par l’informatique et le digital. Je voulais explorer la technologie et sa dimension touristique. De nombreuses expériences durant mes études ont validé l’intérêt. L’entreprenariat apparaissait comme une évidence. Nous avions des idées et une volonté. En tant qu’étudiant, on ne perd rien à essayer. Autant tester ses idées le plus tôt possible !

7. En quelques points, qu’avez-vous appris durant votre majeure à IMT-BS et qui vous sert au quotidien ? 

Maxence : l’année passée à IMT-BS représente une des périodes les plus productives de mon cursus. J’en ai parlé pas mal de fois avec des intervenants. C’est la première année de mon cursus où nous travaillions uniquement pour nous ! J’ai exploité tout ce que les professeurs et les intervenants nous ont apporté. Peu importe les sujets, nous avions toujours des « to do ». Ce qui est certain, c’est que l’entrepreneuriat nous a permis de tirer de nombreux enseignements. J’ai le souvenir qu’il y avait une semaine pour apprendre et trois semaines pour mettre en application ce que nous avions appris. C’est l’année où j’ai le plus travaillé depuis toute ma scolarité. Amaury pourra le confirmer, nous avons vu des sujets qui n'étaient pas adaptés à notre projet (la reprise d’entreprise par exemple) mais il existait toujours des points intéressants. Le marketing et la communication ne sont pas nos sujets de prédilection, mais nous gardons certains principes dans un coin de notre tête. 

Amaury : je rejoins ce que dit Maxence à 100 %. Durant toutes ces années de formation, je garde en tête les astuces et les conseils. Ces éléments, nous les gardons en tête même si nous ne les appliquons pas au quotidien. Il nous arrive fréquemment de les appliquer quelques mois plus tard. 


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