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Régis (TEM 03), de la banque au cirque

L'Actu des Anciens

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22/08/2014

Régis Wintzer, diplômé de Télécom Ecole de Management promo 2003, n'est pas un diplômé comme les autres. En effet, voilà maintenant 4 ans que Régis est le Directeur Commercial, Administratif et Financier du CIRQUE ARLETTE GRUSS. Étonnant, n'est-ce pas ? Vous vous posez sans doute un tas de questions sur la manière dont fonctionne un cirque, ou sur la façon dont un diplôme de Télécom Ecole de Management peut y conduire... Régis a eu l'amabilité de répondre aux questions de T&MA, dans cette interview où il vous dévoile l'envers du décor du cirque...

Parlez-nous de votre parcours. Comment a débuté votre carrière professionnelle, à la sortie de l'école ?
Après l'obtention de mon diplôme, j'ai intégré immédiatement la Banque Populaire pour travailler sur le projet de fusion migration entre 2 banques régionales. Par la suite, j'ai intégré la direction de l'organisation pour des missions de terrain et d'organisation commerciale. J'ai pris ensuite un virage commercial pour prendre des fonctions de conseiller de clientèle professionnelle, puis de directeur d'agence. Bref une évolution assez logique au sein d'un grand groupe bancaire jusqu'au jour où une rencontre a tout bouleversé.

Comment passe-t-on de la banque au cirque ?
C'est d'abord et avant tout une rencontre avec un univers à part mais aussi une rencontre avec un "personnage", GILBERT GRUSS, directeur du CIRQUE ARLETTE GRUSS. En effet, au moment de ma prise de fonction comme directeur d'agence, j'apprends que l'agence assure la gestion des comptes du CIRQUE ARLETTE GRUSS. Au départ je suis un peu amusé, mais très vite je prends la mesure de l'importance de cette véritable PME. Conscient de l'enjeu pour la banque, c'est l'une des premières visites client que je réalise lors de mon entrée en fonctions. Très vite la confiance se met en place et s'en suivent deux années de collaboration constructive.
Puis un jour, je reçois un appel de GILBERT GRUSS qui me demande de m'asseoir car il souhaitait me proposer un poste de directeur financier et administratif au sein de son entreprise, avec une mission très claire : celle d'assurer le développement et la transformation "numérique" de son cirque. Dans la minute qui suivait, j'avais pris ma décision. Je connaissais la qualité de l'entreprise et le côté challenge et aventure m'attirait. Il restait juste à convaincre ma compagne, pour notre fils, c'était une formalité.

Qu'est-ce qui vous a le plus frappé en découvrant "l'envers du décor" du cirque ?

Ce qui m'a frappé, c'est que cette entreprise est confrontée aux mêmes contraintes que les PME classiques mais avec en plus la contrainte forte de l'itinérance. Le déplacement d'une telle structure est colossal. Imaginez : pour son installation, le CIRQUE ARLETTE GRUSS a besoin d'un minimum de 20 000 m² et transporte de ville en ville une infrastructure avec 42 semi-remorques, 130 salariés, 60 animaux et presque 30 caravanes d'habitations pour le personnel. Derrière les strass et les paillettes se cache une véritable machine dont il faut assurer l'organisation au quotidien avec chaque jour son lot d'imprévus. Rien ne doit être laissé au hasard pour assurer l'approvisionnement général de l'entreprise (fuel, gasoil, nourriture, électricité, eau, gaz...), et ce dans les 28 villes de la tournée, soit bien souvent autant de fournisseurs à gérer. Enfin, la gestion du personnel est aussi un élément très original et complexe, avec notamment près de 16 nationalités à gérer, et donc des langues différentes et des formalités administratives distinctes selon les pays.

Le cirque a-t-il connu la crise ? Quelles sont ses perspectives d'avenir ?
Le spectacle vivant en général est un secteur touché par la crise mais avec d'importants contrastes. Les tournées notamment ont connu une baisse de recette importante en 2012. Fort heureusement, celle du CIRQUE ARLETTE GRUSS a connu un développement sans précédent. En effet, à partir du moment où le respect du spectateur est au cœur des préoccupations, que le plus grand soin est apporté à la qualité de l'accueil et du spectacle, les résultats sont là. Dans le même temps, sur les 4 dernières années, le CIRQUE ARLETTE GRUSS a connu une véritable révolution numérique avec la mise en place d'une billetterie informatisée, le développement des ventes sur internet, ou l'intensification de la communication online (réseaux sociaux, e-mailing...). Tous ces éléments, combinés à l'implication de tous les salariés et à la production de créations de plus en plus spectaculaires, permettent aujourd'hui d'assurer le succès de cette belle entreprise familiale, qui constitue aujourd'hui, et de loin, la première entreprise française de spectacle itinérant.

Comment concilier vie de famille et les nombreux déplacements liés aux tournées ?

Le rythme de travail est important et cela a bien évidemment un impact sur la vie de famille. Une journée commence à 8h pour se terminer à 21h30, et ce tous les jours de spectacle, soit 230 jours par an. Malgré cela, la vie de famille reste possible. A nous de fixer les limites.
J'ai par ailleurs la chance de pouvoir avoir tous les jours ma compagne et mes enfants à mes côtés. Quant aux amis et à la famille proche, ils n'hésitent pas à nous rendre visite sur la tournée et c'est une très bonne chose. Enfin, le bureau et la caravane sont à quelques mètres l'un de l'autre et il est donc possible à tout moment de la journée de passer un moment en famille. Nos enfants sont même scolarisés dans l'école du CIRQUE ARLETTE GRUSS qui dispose du seul poste d'enseignant itinérant reconnu par l'Éducation Nationale. En fin de compte, la grande difficulté reste la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée car nous vivons toute l'année sur notre lieu de travail.

Quelles compétences acquises à l'école vous ont été utiles dans votre carrière ?

Le cursus Télécom Ecole de management m'a permis d'appréhender les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Durant tout mon parcours je n'ai jamais craint de me confronter à des ingénieurs ou des techniciens car j'étais en mesure d'intervenir de manière constructive dans toutes les phases du projet.
Dans le cadre de mon expérience actuelle, je peux aussi bien assurer la gestion des ressources humaines, la gestion financière, mais aussi la mise en place d'un réseau informatique ou le déploiement d'un nouveau logiciel informatique. Bref, la double compétence, c'est la grande force de l'INT.

Si vous ne deviez garder qu'un seul souvenir de votre passage à l'école, quel serait-il ?
Sans hésiter, c'est mon passage à l'INT qui m'a permis de découvrir l'informatique et internet. En 3 années, je suis passé du stade de personne profane à celui d'une personne initiée aux fondamentaux des NTIC. Par ailleurs, je retiens que c'est une période qui m'a permis de nouer des liens d'amitié forts avec des membres de ma promotion, avec qui j'entretiens toujours des contacts réguliers malgré les distances qui nous séparent.

Un dernier mot à destination de nos diplômés ?
J'aimerais juste ajouter que cette année sera ma dernière tournée au sein du CIRQUE ARLETTE GRUSS. Il est temps pour moi d'écrire un nouveau chapitre. Donc si quelqu'un pense avoir une opportunité intéressante pour moi à partir de janvier, qu'il n'hésite pas à se manifester ! ;)

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