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Sarah Cherruault (TEM 13) : interview de la fondatrice d'Auticiel

L'Actu des Anciens

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17/09/2013

Sarah Cherruault, futur diplômée de Télécom Ecole de Management promotion 2013, a remporté avec sa start-up Auticiel le premier prix du concours international d'entreprenariat de Virginia Tech. Retrouvez, avec la complicité de TEM, l'interview de Sarah, où elle nous explique la genèse d'Auticiel, son avenir, ainsi que l'apport de sa formation à TEM dans son parcours de créatrice d'entreprise.

Sarah, vous êtes diplômée de TEM, promo 2013. Pourquoi avoir choisi d'intégrer cette école ?
Télécom Ecole de Management offre une formation de Business School de renom tout en se distinguant par de vrais atouts : le campus, l’orientation technologique, les échanges avec l’école Télécom SudParis, la politique de bourses pour les étudiants, la proximité avec la capitale. En outre, j’ai été particulièrement sensible à la richesse de la vie associative, qui permet à chacun de s’intégrer, de se former et de s’impliquer dans la vie du campus dans des domaines qui le passionnent.       
                                                                                                                                  
Votre startup Auticiel vient de remporter un concours international d'innovation à VT, après avoir remporté le Challenge Projets d'Entreprendre. Quelle est la recette du succès d'Auticiel ? (positionnement, technique...)
La victoire à VT nous a montré que le succès d’une start-up ne repose justement pas sur un positionnement, des capitaux, une solution… du moins pas uniquement. Aux Etats-Unis, il y a une expression qui dit « You don’t bet on the horse, you bet on the jockey ». A l’heure où les startups baignent dans une culture de lean et de pivot, il ressort que l’avenir d’une entreprise dépend avant tout de son équipe. Chez Auticiel, nous tendons à rassembler une équipe pluridisciplinaire, compétente et motivée mais surtout unie autour d’une même vision, une équipe qui sera capable de faire les bons choix pour assurer la pérennité de l’entreprise.  Si le format de la présentation, la passion qui nous anime a certes su convaincre, c’est surtout notre « capacité à faire » qui fit la différence pour le jury. En 6 mois, nous avons développé trois applications qui répondent à de réels besoins. Elles sont perfectibles, mais apportent déjà beaucoup à des personnes qui ont un handicap cognitif, en les aidant notamment à se repérer dans le temps qui passe et à mieux communiquer avec les autres. Nous avons ainsi montré que nous sommes en mesure de concrétiser nos idées, ce qui est bon signe pour le futur.

Comment est née la start-up Auticiel ? Pourquoi une start-up pour aider les personnes à déficience cognitive ?
Auticiel est née il y a deux ans d’une rencontre avec une maman qui m’a interpellée sur les problèmes d’interaction de son fils autiste. Nous nous sommes alors lancés le défi d’utiliser les smartphones et les tablettes, des outils très intuitifs, mobiles et flexibles, afin d’améliorer la communication et l’autonomie des personnes avec autisme, et plus largement des personnes avec déficience cognitive. En effet, les supports tactiles sont un excellent moyen pour pallier les troubles de l’attention, et favorisent par ailleurs l’apprentissage notamment grâce à une interactivité facilitée et diversifiée. Cependant, il faut adapter le support aux besoins spécifiques du handicap cognitif (ergonomie, graphisme, contenus…).
Nous avions profité de la semaine du Challenge 2011 pour multiplier les recherches, l’aspect social et humain de notre projet étant plus motivant que jamais. Les rencontres avec les associations, les laboratoires, les institutions et les personnes handicapées ainsi que la grande quantité de travail qui ont marqué cette semaine ne furent que le début d’une prometteuse et belle aventure. Nous avons par la suite rejoint l’incubateur Télécom & Management SudParis Entrepreneurs et développé plusieurs applications contenant des activités ludiques et de supports variés sur smartphones.
 
Les créatrices d'entreprises sont plus rares que les créateurs. Comment l'expliquez vous ?
Peut-être ont-elle moins le goût du risque ? Ce qu’il faut chercher à comprendre, c’est pourquoi. Est-ce culturel ? Dû à l’éducation ? La prudence est un point positif tant que cela n’avorte pas complètement une volonté d’entreprendre. C’est sur cela qu’il faut probablement travailler.
 
En quoi consiste votre journée quotidienne de jeune chef d'entreprise ?
Courir ! Gestion, recrutement, partenariats, produit… je n’arrête pas [d’ailleurs, nous recrutons des développeurs web, mobile et des stagiaires !]. Paris fourmille d’opportunités, il faut donc faire des choix pour ne pas se disperser sans pour autant se fermer aux bonnes occasions. Etre chef d’entreprise, c’est savoir faire des choix rapides et efficaces, et assumer les erreurs quand il y en a. Choisir vite, c’est certes plus de risques de se tromper, mais c’est la certitude d’avancer ! Il faut cependant prendre du temps pour ce qui est vital : la stratégie, le produit, le business model. J’échange ainsi beaucoup avec les utilisateurs : parents de personnes avec troubles cognitifs, experts, éducateurs, orthophonistes, psychologues, directeurs d’instituts spécialisés et d’hôpitaux, politiques,… C’est très important de partir des besoins du terrain pour ensuite prendre de la hauteur.

Quelles sont les prochaines étapes du développement d'Auticiel ?
Notre prochain challenge est de passer de la « structure start-up » à la « structure PME ». L’enjeu est de conserver notre agilité en gagnant en stabilité afin de se pérenniser. Niveau produit, l’objectif 2014 est de construire une solution complète afin de s’adresser aux structures spécialisées.
 
En quoi votre école vous a-t-elle aidée dans votre projet ?
Au-delà de la formation initiale en management, indispensable pour comprendre le fonctionnement d’une structure d’entreprise, Télécom Ecole de Management m’a énormément apporté en me donnant des clés concrètes pour comprendre le secteur des nouvelles technologies. Plus particulièrement, mon master en Ingénierie des Affaires Internationales (IAI) fut une révélation en ce qu’il me permit de découvrir le monde de l’innovation, ses acteurs et mécanismes, ainsi que la gestion de projet. Des atouts indispensables qui m’ont confortée dans l’idée de sauter le pas de l’entrepreneuriat. Bien sûr, l’incubateur et le réseau des anciens sont aujourd’hui encore des éléments-clés en matière d’accompagnement dans le développement de notre projet.

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