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Stéphane (TEM 95) : avez-vous déjà vu... un diplômé TEM auteur de sketchs ?

L'Actu des Anciens

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22/01/2015

Comme nous l'écrivions il y a quelques mois, Stéphane Ribeiro, diplômé de Télécom Ecole de Management promo 1995, a publié le "Dictionnaire Ados / Français", ouvrage permettant de décrypter le langage utilisé par une partie des ados. Mais Stéphane n'est pas seulement écrivain : depuis près de 15 ans, il travaille comme auteur à la télévision. Un poste pour le moins insolite pour un de nos diplômés ! Dans cette interview donnée à T&MA, Stéphane revient sur son parcours original, fait de rencontres avec des gens tels qu'Alain Chabat ou Thierry Ardisson, et nous apporte son regard sur la télévision vue depuis les coulisses.

Parlez-nous de votre parcours. Comment a débuté votre carrière professionnelle, à la sortie de l'école ?
J'ai fini ce qui s'appelait encore l'INT Gestion en 1995, option Stratégie Finances. Afin de compléter cette orientation pas très Télécom, j'ai cherché à intégrer Sciences Po en 2e année en passant le concours, jusqu'à ce qu'on se rende compte que le diplôme de l'INT n'était pas reconnu pour s'inscrire à ce concours. Il faut dire que j'étais le premier à le demander. Puis je suis entré à Sciences Po Paris, option Economie et Finance. Deux ans plus tard, j'ai fait mon service militaire dans le Capital Risque, avant de devenir consultant en Stratégie et Organisation chez Cap Gemini Consulting. Et là, deux ans plus tard, c'est le drame...

Comment passe-t-on de consultant en stratégie à auteur pour la télévision ?
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/1a/Canal+.svg/langfr-200px-Canal+.svg.png
Il se trouve qu'à Sciences Po, il y avait en même temps que moi un certain Kader Aoun, qui avait envoyé des textes à Canal+ et avait réussi à se faire engager par la chaîne. Il était rapidement devenu responsable de la structure "Canal ID", créée par Alain de Greef et Nicolas Plisson, qui avait pour vocation de chercher des auteurs et des comédiens pour alimenter les émissions de Canal, une sorte de laboratoire de jeunes talents.
C'est là que je me suis dit qu'il y avait quelque chose à faire. J'avais rêvé toute ma vie d'écrire des trucs à la con pour Canal+ en voyant les Nuls et là, pour la première fois, il y avait une opportunité à saisir. Il fallait que j'essaye pour ne pas regretter. Au pire, on me disait "non" mais au moins, je l'aurais fait. J'ai donc écrit des trucs, une sorte de revue de presse avec des vannes, et via un ami commun, j'ai fait passer mes textes à Kader, qui a trouvé ça "pas mal". 
Il m'a alors fait signer un petit contrat et m'a mis à écrire des textes pour le Visiophon d'Omar et Fred ou les Guignols. Chaque jour, je devais envoyer une douzaine de pages de textes, tout en faisant mon boulot de consultant. Ca n'a pas été simple, j'écrivais de 22h à 4h du matin tous les soirs, plus les week-ends, histoire d'aller au bout de cette envie. Je n'ai plus eu de vie sociale pendant un an, et certains amis m'ont même reproché de les négliger "maintenant que j'étais à la télé". La vérité, c'est que j'étais juste en train de bosser quasiment 24 heures sur 24.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/1/1c/Logo_Burger_Quiz.jpgC'est là qu'au bout d'un an, Kader Aoun a développé le Burger Quiz avec Alain Chabat. Il a naturellement proposé aux 4 auteurs qu'il avait sous son aile de devenir les auteurs du jeu, et c'est là que j'ai démissionné de chez Cap Gemini Consulting pour tenter l'aventure à fond. Bon, j'avais négocié un éventuel retour chez Cap si ça se passait mal car auteur est un statut précaire et fragile, mais à 29 ans, c'était le moment ou jamais pour changer de carrière.
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/8/8c/LogoSalutlesterriens.jpgAprès le Burger Quiz, Thierry Ardisson nous demanda de l'aider pour Tout le monde en parle et je continue aujourd'hui à travailler avec lui et Kader Aoun pour Salut les Terriens sur Canal. 
J'ai réalisé mon rêve en écrivant seul une édition spéciale de L'Édition, le journal des Nuls, pour une émission hommage à Jamel. 
Il y eut aussi Infopouet pour les enfants, le dessin animé Avez-vous déjà vu ? produit par Chabat, le Soiring, les textes de Thomas N'Gijol au Grand Journal, ou encore ceux de Thomas Thouroude dans L'Équipe du Dimanche
Aujourd'hui, je travaille aussi avec Mathieu Madénian, aussi bien en télé que pour son spectacle. Je m'amuse.

Qu'est-ce qui vous a le plus frappé en découvrant "l'envers du décor" de la télévision ?
D'abord que c'était possible d'y arriver sans connaître la moindre personne dans ce milieu. Honnêtement, je rêvais de faire ce boulot mais j'étais persuadé que ce serait impossible. Alors oui, il faut de la chance, une opportunité, il y a beaucoup de hasard, mais c'est jouable, à condition de bosser et de ne pas lâcher l'affaire. C'est une énorme chance de faire le boulot qu'on a rêvé de faire toute sa vie.
Ensuite, j'ai découvert un milieu très normal, avec des gens très normaux. Et un milieu où on bosse et c'est tant mieux. Ou en tout cas, un milieu où le travail est valorisé. Je ne suis pas le meilleur auteur de Paris, mais je suis sans doute un de ceux qui bossent le plus. Le Burger Quiz, c'était 12 à 15 heures d'écriture par jour. Pour Salut les Terriens, je rends 150 pages de vannes à Ardisson par semaine.
Je pense qu'avoir découvert ce milieu relativement âgé m'a permis de me focaliser sur le boulot et de ne pas me disperser. En tout cas, je suis assez loin du fantasme "putes et coke" à la télé, qui pouvait inquiéter mes parents.

Quels sont vos meilleurs souvenirs en tant qu'auteur pour le Burger Quiz, Tout le monde en parle ou Salut les Terriens ?

http://media.zoom-cinema.fr/photos/news/6799/alain-chabat.jpgLes premières fois marquent toujours. 
Mes premières vannes entendues à la télé. Ma première rencontre avec Alain Chabat, l'homme le plus gentil du monde et à qui j'avais demandé un autographe quelques années plus tôt, alors que, justement, un groupe de l'INT s'était rendu à Canal assister à Nulle Part Ailleurs. Alain Chabat qui durant une émission appelle "Le Comte de Ribérault" pour un bras de fer avec un candidat et j'arrive en armure. Laurent Baffie mort de rire sur une vanne et qui demande le nom de l'auteur. 
Puis la rencontre avec Ardisson, et le plaisir de voir qu'à chaque interview, il cite ses auteurs. 
Et puis après, le vrai plaisir, c'est juste d'entendre ses vannes et de voir qu'elles font marrer. Je n'ai pas besoin d'autre reconnaissance.

Comment vous est venue l'idée du "Dictionnaire Ados / Français" ?

J'essaye d'écrire régulièrement des petits bouquins marrants. Je fais ça souvent pendant l'été, quand la télé s'arrête. Il y a eu "Tout sur nous", un livre de questions-réponses à remplir en couple, cadeau idéal de Saint Valentin, "Tout sur moi", sa déclinaison pour ceux qui sont un peu plus seuls, "100 bonnes raisons de voter Sarko / 100 bonnes raisons de voter Ségo" en 2007, "Le livre de mes listes", et plus récemment "C'était mieux avant", un livre qui se veut amusant sur tout ce qui était mieux avant, ou pas. 
http://www.tm-alumni.eu/medias/image/100876777754538ef87c972.pngC'est ce livre et son ton qui ont conduit mon éditrice à me proposer d'écrire un dictionnaire amusant sur le langage des ados. C'est vrai qu'il n'y avait rien de très drôle sur le sujet, et je me suis dit qu'il y avait matière à écrire quelque chose de fun, sans se moquer ni juger. C'est comme ça qu'est né "Le Dictionnaire Ados / Français", un petit livre qui vous aide à mieux comprendre les expressions des ados.

Quelles compétences acquises à l'école vous ont été utiles dans votre carrière ?

A l'époque du Burger Quiz, c'est moi qui étais chargé de changer la cartouche d'encre dans l'imprimante. En dehors de ça...
Je plaisante mais c'est sûr que la plupart de ce que j'ai appris ne me sert pas vraiment au quotidien, notamment quand je me rappelle qu'on nous avait fait construire des sites Minitel en première année. 
Mais disons que ça m'a permis, en complétant cette formation par Sciences Po, de pouvoir parler de beaucoup de choses, ce qui est très important pour un auteur. Je pense que mon parcours a été riche et m'a nourri, et il est assez rare pour un auteur télé. 
Il m'a aussi permis de construire cet incroyable enchaînement de circonstances qui m'ont emmené à Canal+.

Si vous ne deviez garder qu'un seul souvenir de votre passage à l'école, quel serait-il ?

J'hésite entre une victoire avec l'équipe de foot au tournoi de Centrale Lyon en finale, où j'arrête 3 tirs au but, et ma rencontre le jour des oraux d'admission avec un certain Mamour et une certaine Marina. Qui font toujours partie de mes meilleurs amis. 
Il y a aussi un cours de langage C++ qui m'a marqué, au cours duquel je pense être décédé pendant une heure.
 
Un dernier mot à destination de nos diplômés ?
"On lâche rien !" (Didier Deschamps)

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