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Thierry, cofondateur de Showroomprivé.com : n°2 des ventes privées en Europe

L'Actu des Anciens

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18/04/2014

Thierry Petit, diplômé de Télécom SudParis promo 1997, est le PDG et cofondateur de Showroomprivé.com, deuxième site de ventes privées en France et en Europe. Mais ça, vous le savez peut-être déjà... En effet, les membres de T&MA ont eu l'opportunité de le rencontrer lors d'une soirée événement le 12 février dernier. Quelques semaines après cette rencontre, Thierry a accepté de revenir, pour une interview donnée à T&MA, sur son parcours, son passage à l'école et sur la success story Showroomprivé.com. Attention : quand Thierry répond aux questions, il n'élude rien et aborde tous les sujets, même ses rapports avec son plus grand concurrent ! Interview vérité...

Parlez-nous de votre parcours. Comment a débuté votre carrière professionnelle, à la sortie de l'école ?
A la sortie de l'école, j'ai intégré une petite boîte qui s'appelait Planète Interactive et qui avait été cofondée par un ancien de l'INT : Jean-Sébastien Hongre (TSP 91). Ce qui m'attirait dans une petite structure comme celle-ci, c'était le fait de pouvoir découvrir de nouveaux horizons, d'apprendre beaucoup de choses. C'était une très belle expérience qui m'a permis de toucher à tout, un peu avant l'arrivée d'Internet en France.
Ensuite, en 1998, j'ai intégré la société Brainsoft, pour créer un département Internet, alors qu'on était au tout début d'Internet en France. Dans le cadre de cette expérience, j'ai notamment travaillé pour L'Oréal, qui m'a permis de remporter le prix de la meilleure application Microsoft.

J'ai alors décidé de créer ma première boîte, en 1999 : Toobo.com, qui était le premier comparateur de prix en France et qui a été cédé, en juillet 2000, au groupe Liberty Surf. J'y suis resté quelques années, avant de prendre un autre chemin.
J'ai ensuite fait pas mal de choses différentes : j'ai repris un magazine consacré à l'art contemporain,  Mouvement, j'ai fait un tour du monde de 2 ans... Et enfin, j'ai créé Showroomprivé.com en juin 2006.

Comment vous est venue l'idée de créer Showroomprivé.com ?
En revenant de mon tour du monde, j'avais très envie de recréer une boîte, si possible dans le e-commerce et sur des produits de grande consommation. J'ai alors été mis en contact avec plusieurs personnes, dont David Dayan, mon associé actuel, qui faisait partie des pionniers du déstockage il y a une vingtaine d'années. C'est cette rencontre de nos deux profils qui a donné naissance à Showroomprivé, dont le but était de mettre en ligne cette activité de déstockage.

En quoi Showroomprivé se distingue de ses concurrents ?

Déjà, en quelques chiffres, Showroomprivé, c'est 350 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année, dont 20% à l'international, avec 7 pays. Il faut aussi noter que 50% du trafic et 40% du CA viennent du mobile. Tout ceci repose sur plusieurs piliers :
1) Nous travaillons essentiellement sur l'univers de la femme, la "digital woman", qui achète pour elle, ainsi que pour sa famille et sa maison. Notre offre est concentrée sur cette cible.
2) Nous avons investi très en amont dans le mobile, ce qui est un facteur très différenciant pour nous. Nous sommes ainsi aujourd'hui un des cinq premiers sites sur mobile en termes d'audience.
3) Nous nous sommes développés à l'international, autour des pays latins et des pays émergents.
4) Nous avons lancé un service de livraison en 24h, qui est une des clés de notre succès.

Quelles sont vos projets à court et moyen termes pour Showroomprivé ?
Premièrement, je suis convaincu que le marché des ventes privées est un marché dans lequel il restera peu d'acteurs, vraisemblablement deux en Europe. En effet, autant les marques ont besoin d'avoir le choix des partenaires quand elles déstockent leurs produits, autant il peut être nuisible pour leur image d'être vues sur trop de sites de déstockage. Elles ont donc besoin d'acteurs qui peuvent leur apporter beaucoup de volume en peu de temps, ce qui constitue une barrière à l'entrée très importante.
Deuxièmement, l'avenir sera mobile, j'en suis persuadé. C'est pour cela que nous en avons fait dès à présent un élément essentiel de notre développement. Le mobile n'est d'ailleurs pas simplement un levier de chiffre d'affaires supplémentaire, mais aussi un canal d'acquisition de membres. D'ailleurs, une grande quantité de nos membres nous ont connus via l'application mobile.
Troisièmement, je crois beaucoup à la capacité des distributeurs à rester forts sur un segment. Je m'explique : Showroomprivé n'ira jamais se développer sur une autre cible. Nous resterons toujours focalisés sur la "digital woman" et sur ses besoins d'acheter des marques à pas cher. A mon sens, rester ciblé est une des clés pour perdurer.

Enfin, il me semble important de rester humble sur ce secteur, même avec une très forte croissance (environ 40% pour Showroomprivé). On est encore au début du e-commerce, qui ne représente que 6 à 7% du commerce de détail en France. C'est donc un secteur qui bouge beaucoup et il faut savoir rester attentif aux nouvelles opportunités qui se présentent.
En termes d'objectifs, nous espérons être dans les 10 plus gros sites marchands européens à horizon 4 ou 5 ans. Pour atteindre ce but, nous souhaitons atteindre le milliard d'euros de chiffre d'affaires et doubler nos effectifs. Concernant les pays, nous restons focalisés sur l'Europe. Nous irons éventuellement dans d'autres pays, comme en Amérique Latine, mais seulement en achetant une entreprise sur place et, pour le moment, nous n'avons pas identifié de cible suffisamment pertinente.

Avez-vous déjà rencontré votre principal concurrent, Jacques-Antoine Granjon, PDG de Vente-privee.com ? Quels sont vos rapports ?

Nos rapports sont très mauvais, on peut même dire que nous sommes en guerre. Il n'y a jamais eu de vraie rencontre officielle, nous ne nous sommes jamais vraiment adressé la parole, parce qu'à mon sens, Jacques-Antoine Granjon est quelqu'un d'assez mégalomane, qui pense qu'il a inventé tout le métier. Ce qui n'est d'ailleurs pas le cas, Vente-privee a simplement été le premier à faire en ligne un métier qui se pratiquait hors ligne depuis des dizaines d'années.
Du coup, il y a une relative tension entre nous. Pour moi, il y a une grosse dichotomie entre le personnage public et le personnage privé. On peut lui reconnaître qu'il aide l'entrepreneuriat, et ça, c'est un bon point. C'est un très bon communicant, il a donné un visage à Vente-privee, ce qui est une grande qualité. Mais sur le métier en lui-même, il n'aurait rien pu faire sans son associé, Michael Benabou, qui a réussi à convaincre des marques d'aller sur ce marché, ce qui était loin d'être gagné en 2001. En bref, je n'ai pas vraiment d'admiration pour Jacques-Antoine Granjon.
Néanmoins, à titre personnel, je n'ai pas vraiment de souci avec lui, mais ça ne me semble pas être le cas de son côté. Je crois qu'il a du mal à accepter la concurrence. Je trouve qu'il affiche beaucoup d'arrogance et de mépris, ce qui ne me paraît pas très élégant venant d'un acteur de cette taille. D'autant qu'à l'arrivée, la concurrence est saine, à la fois pour les consommateurs, pour les marques et même pour le leader, pour qui la présence d'un challenger permet de rester en éveil.

Quelles compétences acquises à l'école vous ont été utiles dans votre carrière ?
Davantage que les compétences scolaires, c'est l'expérience à l'étranger obligatoire, que j'ai effectuée à Londres, qui m'a le plus apporté. Ca paraît totalement évident maintenant, mais à mon époque, il n'y avait pas tant d'écoles qui le faisaient.
En outre, le fait de pouvoir toucher à tout a été très bénéfique pour moi. C'est tout bête, mais nous utilisions des réseaux excellents, auxquels 95% des Français n'avaient pas accès. Ca a donc été une découverte accélérée d'Internet avant tout le monde, qui m'a beaucoup servi par la suite.
Ce que j'appréciais particulièrement aussi, c'était la mixité de l'INT : mélanger école de gestion et école d'ingénieurs. Et on pouvait toucher à plein de domaines : multimedia, traitement de l'image, etc. Ce brassage faisait de l'INT une école vraiment particulière.

Si vous ne deviez garder qu'un seul souvenir de votre passage à l'école, quel serait-il ?
J'ai été l'initiateur d'un festival de théâtre sur le campus : LITIGE. Je suis arrivé au moment de sa deuxième édition et avec mon équipe, nous avions transformé ce qui n'était qu'alors d'un petit événement étudiant en un festival avec des troupes extérieures, des gens du cirque, une remise des prix, etc. J'en garde un excellent souvenir, ça a été une expérience très enrichissante.

Un dernier mot à destination de nos diplômés ?

Il faut entreprendre dans la vie ! Créez des boîtes, même si ce n'est pas le chemin le plus facile. A l'école, on a la chance d'avoir cette mixité, ces multi-compétences, l'esprit international, qui sont de véritables atouts pour être de bons entrepreneurs.

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