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03 février 2021

Portraits Télécom SudParis - Portrait de Benjamin Orthlieb (TSP 2000) Head of M&A chez LinkedIn

Adèle Moreau et Pierre Antonin Rousseau (TSP, étudiants en 2 année) à la rencontre de Benjamin Orthlieb (TSP, promotion 2000), Head of M&A chez LinkedIn 

Présentez-nous votre parcours 

Je suis diplômé de Télécom SudParis, j’ai commencé ma carrière dans le secteur du conseil, au sein d’une entreprise appelée Siticom. La société a été rachetée par Devoteam. Au niveau des missions, j’étais davantage axé sur la partie marketing et stratégie. Je me suis rapidement intéressé à des sujets autour de la finance puis j’ai suivi une formation qui s'appelle le CFA (Chartered Financial Analyst) pendant que je travaillais. 

Par la suite, je suis parti faire un volontariat international en entreprise chez BNP Paribas à San Francisco. Après cette expérience, j’ai travaillé à Barclays en Angleterre. En 2005, j’ai intégré un MBA (Master in Business Administration) à la Wharton School of the University of Pennsylvania. Entre 2007 et 2014, j'ai passé presque sept ans au Boston Consulting Group basé à San Francisco, avec un échange à Bombay pendant un an. Durant les sept dernières années, j’ai principalement travaillé chez LinkedIn. Dans le cadre de mes fonctions, je suis en charge des fusions-acquisitions. Le but est d’effectuer une veille sur toutes les sociétés qui sont intéressantes pour LinkedIn et de créer des liens à travers des partenariats et des relations entre équipes. En fonction des opportunités qui se présentent, le rachat d’une entreprise peut être envisagé et cela donne lieu à des négociations intéressantes. 

Parallèlement à mon activité chez LinkedIn, je monte un fonds d'investissement pour les start-ups, au niveau du seed ou de l’angel investment. Il est à noter que, par le passé, j'étais scout pour Emergence Capital, un des meilleurs fonds de capital-risque dans les startups qui sont orientées vers les entreprises. Grâce à cette expérience et avec le soutien de ce fonds, j’ai lancé un micro-fonds (212angels.com). Le but est d’investir dans une cinquantaine d’entreprises dont 25-30 en 2021

Vous êtes co-fondateur des entreprises Off The Grid et membres des Active Angel Investors, pouvez-vous nous parler plus en détail de ces initiatives ?

Off The Grid est un fonds d’investissement que j’ai monté avec des amis. J’ai investi dans 17 entreprises en tant que Business Angel à San Francisco. Ce travail d’investissement est un side job, en parallèle de mon travail chez LinkedIn. Actuellement, j’ai un nouveau fond qui s’appelle 2.12 Angels, qui représente une évolution de mes expériences précédentes, et en particulier mon travail avec Emergence Capital en 2020... C’est un métier que j’apprécie faire, car c’est en lien avec mon emploi actuel qui consiste à connaître un nombre conséquent d’entreprises. De manière générale, j'aime beaucoup travailler avec des entrepreneurs pour pouvoir les aider et les conseiller. Ce sont des personnes très passionnées, c’est toujours très intéressant de discuter avec elles. Au niveau du fonctionnement, nous utilisons notamment une intelligence artificielle capable d’évaluer les chances de succès des équipes fondatrices sur la base de leurs expériences et personnalités. Grâce à cet outil et d’autres signaux, nous pouvons évaluer plus de 300 startups par mois.

Envisagez-vous de devenir un investisseur à plein temps ? 

Je possède de nombreuses expériences autour de la stratégie et de la finance et sous différents angles, mais avant de rejoindre LinkedIn, je n’avais jamais fait de Corporate Development. J’aime beaucoup ce que je fais actuellement, la preuve est que mon side job ressemble très fortement à mon travail chez LinkedIn. Pour le moment, je garde ces 2 activités, mais pourquoi pas plus tard passer à temps plein en tant qu’investisseur. 

Avez-vous déjà envisagé de tenter l’aventure entrepreneuriale ?

Concernant les start-ups, deux choses me viennent en tête. En premier lieu, il importe de se demander si le travail doit être une passion. C'est un thème qui revient régulièrement. Selon moi, il faut prendre en compte le concept de momentum. Autrement dit, il faut trouver un emploi qui nous intéresse, dans lequel nous sommes bons tout en obtenant du feedback positif. L’association de ces facteurs permet d’obtenir de bonnes performances et donc, avoir un feedback positif. Chaque matin, il y aura un élan positif étant donné que nous saurons que nous réussirons des projets qui nous intéressent. Par conséquent, une boucle de rétroaction s’instaure durant les différents moments d’une carrière : évoluer dans ce que nous aimons et où nous sommes bons tout en suivant un fil conducteur. 

En second lieu, il peut être intéressant de travailler pour une start-up ou de créer une entreprise. De manière générale, il existe deux tranches d’âge : entre 25 et 30 ans et parmi les 45 et 50 ans. La première tranche est jeune tandis que la deuxième possède suffisamment d’argent de côté afin de lancer une entreprise. Néanmoins, il est à noter que plus le temps passe, plus le risque augmente. En effet, quand il y a une famille qui entre en ligne de compte, ce n’est pas la même chose. C’est une généralité, il existe des exceptions. De mon côté, il n’était pas réaliste de vivre à San Francisco et de travailler au sein d’une start-up. À moins d’être fondateur, ça ne vaut pas le coup d’un point de vue financier. De nos jours, je préfère m'amuser en construisant un fonds en activité secondaire ; voir les choses grandir de manière organique. J'adore aider et travailler avec les fondateurs de start-ups. Par ailleurs, je dois dire que le rôle de fondateur est complexe. D’un point de vue extérieur, le quotidien d’un entrepreneur peut paraître exaltant. En réalité, c’est un peu plus compliqué. 

Est-ce que votre situation actuelle ressemble à celle que vous imaginiez en étant étudiant ? 

Non, je ne m’attendais pas à ça, même si on retrouve quelques éléments que je souhaitais auparavant. Je savais que je voulais travailler aux États-Unis, que malgré des études d’ingénieur, j’avais une sensibilité particulière pour le business et la finance. J’ai toujours agi en fonction de mes centres d’intérêt ainsi que des opportunités qui se sont présentées.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui débute ? 

Je conseillerais à cette personne de chercher ses points forts, car cela lui permettra d’être plus motivée par la suite. En plus de cela, elle devrait expérimenter le maximum de choses. En effet, lorsqu’on est jeune, il est possible de changer plus facilement de changer d’emploi, et de monter plus tard dans la hiérarchie. Durant ma carrière, j’ai eu l’occasion de travailler dans quatre pays, de déménager 6 fois et j’en suis fier. Il faut garder un esprit d’apprentissage permanent, même en ayant un travail. 

De mon côté, avant de travailler, je suis des cours en ligne tous les matins. Par exemple, ce matin, j’ai suivi un cours sur les soft skills intitulé comment créer des conversations engageantes avec des personnes qu’on ne connaît pas. 

J’aimerais partager une routine que je suis chaque matin. Tous les matins, je me lève très tôt, je pratique le yoga et du sport, j’enchaîne avec de la méditation. Ensuite, je tiens un journal sur des sujets divers : pourquoi je suis content d’être là, mes missions personnelles, des pensées qui traversent mon esprit, des projets futurs, les choses à célébrer ou les priorités du moment. Cette routine facilite la prise de recul et de la conscience de beaucoup de choses. En parallèle, une de mes valeurs est d’aider les autres. Tous les matins, je fais un petit don ($10) tous les matins à Watsi.org (site d’aide à la santé à travers le monde). Commencer la journée en (re)définissant ses valeurs et en étant clair sur les 3 choses les plus importante de la journée est le meilleur “hack” au monde !




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